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19 novembre 2006

Ecrire avec son désir

« Et après ?

- Quoi écrire, maintenant ? Pourrez-vous encore écrire quelque chose ?

- On écrit avec son désir, et je n'en finis pas de désirer. »  

Roland Barthes

00:05 Publié dans Mots volés | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Barthes, écrire

18 novembre 2006

de M. à E. (2)

Voilà ce que je vois depuis mon bureau où je t’écris : un ciel laiteux posé sur les toits du centre paroissial et du lycée privé d’enseignement catholique de la ville (la maison est en plein quartier latin, dans tous les sens du terme). Sa luminosité malade ne permet pas la plupart du temps de le regarder en face durablement sans cligner des yeux. Certains jours, son agressivité est telle qu’elle donne la migraine.

Tant qu’à subir un ciel lourd au quotidien, j’aurais préféré un horizon plus contrasté. Un ciel à la Turner quoi ! J’aurais pu rester longtemps à en détailler les nuances de bleu et de gris. Et puis j’aime ce qu'il suggère, l’événement climatique soudain, la rapidité de son dénouement dramatique. Tout plutôt que cette torpeur ouatée sans fin du ciel normand.

medium_constable_cloud_study.3.JPGTrop rares sont les moments où seuls quelques nuages parsèment l’horizon. Cela n’arrive que certains soirs d’été. Moi qui aime tant les nuages de Constable…

Parfois le soir pourtant, entre chien et loup, il peut retrouver une couleur intéressante pendant quelques instants, différentes nuances de bleu apparaissant. En forçant mon imagination pour travestir un peu cette réalité qui m’a toujours peu enthousiasmé (avec la culture, toujours – c’est ce qui m’a sauvé), peut-être suis-je parfois capable d’y entrevoir quelque chose de Whistler.

de E. à M.

Je t'imagine sur le quai de la gare prenant ton train et je t'imagine dans le train lisant et levant parfois la tête pour voir défiler le paysage et te disant « tiens, je suis là » « tiens, il me reste approximativement tant de temps ». Et après à nouveau le quai le bonjour à tes parents le coffre arrière qu'on ouvre et les premières paroles dans la voiture ces paroles qui ne veulent rien dire ou presque « tu vas bien et ce trajet et le travail et tu as bonne mine ah oui tu as été chez le coiffeur ». Enfin toutes ces banalités qui dans le fond sont le propre de toute relation ou presque. Je suis toujours surpris dans le fond de voir qu'avec les personnes les plus proches les échanges sont le fait toujours ou presque de banalités. Il n'y a pas plus étranger que les enfants et leur parents. Moi en tous les cas cela a toujours été mon sentiment sauf que je vivais heureux avec A. Aujourd'hui qu'ils existent ou pas serait exactement la même chose et dans le fond je ne m'en plains pas non plus.

 
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