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09 août 2007

4 juillet : Four – O – Five / Fourth of July

medium_405.JPGTout au long de l’incontinente freeway 405 qui irrigue depuis Los Angeles tout le comté d’Orange, la monotonie des panneaux verts indiquant la prochaine sortie. Quand ce n’est pas un mall de luxe qu’ils signalent - Irvine Spectrum, Fashion Island… mais peut-être surtout South Coast Plaza, le plus grand centre commercial de la côte Ouest, couvrant pas moins 250 km2 et accueillant 24 millions de visiteurs par an, soit six fois plus que le Louvre... -, c’est une université  (UCLA, California State University de Long Beach, University of California d’Irvine…). Quand ce n’est ni l’un ni l’autre, c’est qu’il s’agit d’un aéroport : LAX, l’aéroport de Los Angeles, celui de Long Beach ou encore le John Wayne Airport de Santa Ana. Mais combien en ont-ils au juste ?

*

medium_4juillet.JPGEn prévision des fêtes du Fourth of July, un agent immobilier avait planté sur la pelouse de nos hôtes, comme sur celle de leurs voisins dans toute la rue, un petit drapeau américain auquel était agrafée sa carte de visite. Bel exemple de patriotisme commercial. Haussant les épaules avec une moue sceptique, R. me confie que lui-même ne sort plus le drapeau à cette occasion depuis quelques années, mais qu’il n’enlèvera pas pour autant le fanion non sollicité : « Les gens d’ici ne comprendraient pas ».

08 août 2007

3 juillet : Sur la banquette arrière

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Sur la banquette arrière de la voiture, j’ai soudain les larmes aux yeux et je serre fort la main de K. Peut-être est-ce la fatigue, peut-être suis-je simplement heureux d’être là.

07 août 2007

2 juillet : Un petit coin de bannière étoilée

La famille d’Adolpho qui m’accueille et chez qui K. était déjà installé depuis une semaine est sans doute une famille latino américaine comme tant d’autres, ayant réussi aux Etats-Unis au-delà de ce que leur pays d’origine, en l’occurrence le Nicaragua, aurait pû leur offrir. Concrétisant un rêve inaccessible à la majorité de ses semblables partis tenter leur chance aux Etats-Unis et cantonnés dans les jobs non qualifiés que les blancs leur ont abandonnés, R., le père d’Adolpho, à force de cours du soir et de semaines passées sur des chantiers loin de sa famille, y a conquis son petit coin de bannière étoilée. Sa propre entreprise de BTP. Une maison avec piscine au sud de L.A., dans le comté d’orange (surnommé « le triangle d’or » parce que son climat méditerranéen y a attiré une concentration exceptionnelle de riches qui ont fait exploser les prix de l’immobilier depuis les années 80). Et quatre grosses cylindrées. Celles-ci dépassent d’ailleurs de loin en luxe la maison, ce qui n’est pas tout à fait absurde, si l’on tient compte du temps passé sur la route et dans les embouteillages ici.


podcast

medium_Newport_Beach.2.JPGPlus que les lieux, ce qui impressionne ma rétine pour le moment, ce sont d’ailleurs les trajets en voiture. Que ce soit avec les parents d’Adolpho dans leur grosse jaguar grise ronronnante en route vers les malls labyrinthiques, ces centres commerciaux géants, peuplés de californiennes désoeuvrées risquant l’overdose de luxe français. Ou seul avec K. dans la vieille BMW blanche et sans rayure quand nous explorons prudemment les alentours de la zone pavillonnaire où nous résidons. Ou bien encore dans le coupé Mercedes d’Adolpho, lorsqu’il file le soir sur les freeways sous le ciel mauve luminescent au milieu de l’étendue infinie des lumières de la ville. La radio débite alors un RnB qui ne semble avoir été inventé que pour cela ou de vieux machins sympathiques comme Prince ou MC Hammer, accrochés comme un chewing-gum à l'asphalte de L.A.

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Même si les retours dans les embouteillages sont une leçon de patience, ces trajets ont au moins pour eux d’être toujours riches de promesses. Promesses que les destinations peinent souvent à tenir jusqu’ici (Newport Beach, Laguna Beach, Santa Monica, West Hollywood de nuit), à quelques exceptions près (le Getty Center, Downtown L.A.). Comme si l’expérience du transit permanent, l’impression de fluidité que les embouteillages n’arrivent pas à entamer, se suffisait à elle-même, surpassait le but du voyage que l’on s’était fixé. Ou comment les freeways donnent à philosopher.

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