Avertir le modérateur

23 septembre 2007

21 juillet : Le Minou de chocolat

medium_axelrod.jpgDe retour à Fountain Valley, je mets à profit l’oisiveté du week-end pour achever la lecture de Borges’ Travel, Hemingway’s Garage, livre d’un certain Mark Axelrod acheté à San Francisco dans l’ancien quartier hippie d’Haight-Ashbury. Le titre, la jaquette et le résumé de la quatrième de couverture laissaient présager que l’auteur s’attacherait réellement à raconter comment un café de Copenhague en était arrivé à prendre pour nom celui de l’auteur Karen Blixen ou bien une agence de voyages de Tustin (Californie) à s’appeler « Borges’ Travel », et qu’il en résulterait un effet assez charmant, lié à la trivialité de lieux comme la cafétéria Virginia Woolf ou de certains produits de consommation courante (les choco Leibniz, les patates Van Gogh).

En fait, tous ces lieux et ces produits n’étaient que prétextes à fiction sur la vie d’un auteur : comment Casanova en exil a fini ses jours en patron d’un restaurant à Carmel en Californie. Comment les problèmes d’argent de Karen Blixen l’amenèrent à ouvrir ce café de Copenhague, etc. On se lasse rapidement de ces historiettes, tant l’auteur tend à s’y répéter sur le fond comme sur la forme.

L’une d’entre elles retient néanmoins un peu plus l’attention que les autres, celle du café « Chez Colette » d’Edina dans le Minnesota. Où l’on apprend que Colette et Missy, au printemps 1908, allèrent visiter une cousine de Missy nommée Gigi Gouine à Minneapolis – Saint Paul, où cette dernière était responsable d’une communauté lesbienne. « Socio-sexuellement, les choses ne pouvaient aller mieux pour elles trois, nous dit l’auteur, à l’exception d’une chose qui semblait manquer à leurs vies : la nourriture, et singulièrement la nourriture française. » Pour y remédier, le trio décida d’ouvrir un restaurant, ce qui fut chose faite le 28 janvier 1911. Le restaurant existe encore, assure l’auteur, et il est réputé  pour son dessert, le « Minou de chocolat » (en français dans le texte) : «  a mixture of chocolate bits, warmed Merlot and frothy cream ». Il est certain que si un jour j’ouvre un restaurant, comme l’idée idiote m’en passe parfois par la tête sans doute pour faire honneur à mes origines, le Minou de chocolat sera en bonne place sur la carte.

05 septembre 2007

Indéfiniment et jamais plus

medium_kis.2.jpg« Le récit éponyme d’Encyclopédie des morts, recueil de nouvelles de [Danilo] Kis, évoque une bibliothèque à la Borges dont les volumes relatent la vie des morts qui n’ont pas été célébrés, qui ne figurent "dans aucune autre encyclopédie". En outre, chacun de ses ouvrages parle de son sujet dans les termes mêmes qu’aurait choisis la personne en question : il énumère les auteurs préférés de celle-ci, les spectacles de cirque auxquels elle a assisté, indique le jour où elle a fumé sa première cigarette, mentionne les chaussures pointues achetées avec l’argent que son père lui a donné pour avoir obtenu son diplôme. Tout est là. "Rien ne se répète jamais dans l’histoire des hommes, tout ce qui paraît à première vue identique est à peine semblable ; chaque homme est en lui-même un astre à part, tout se passe toujours et jamais, tout se répète indéfiniment et jamais plus (1)". »

Edmund White, La bibliothèque qui brûle

(1) Encyclopédie des morts, Gallimard, 1985, trad. Pascale Delpech.

28 février 2007

Je ne puis regretter...

medium_borges-sky.2.jpg« Je ne puis regretter la perte d’un amour ou d’une amitié sans songer qu’on ne perd que ce qu’on n’a pas réellement possédé. »

Jorge Luis Borges, « Nouvelle réfutation du temps », Enquêtes.

11:25 Publié dans Mots volés | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Borges, temps

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu