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30 septembre 2007

24 juillet : Flip-flops

medium_Flip-flops2.JPGParfois dans les malls ou les supermarchés, l’air conditionné est si glacial que j’ai l’impression que mes doigts de pieds gèlent dans mes flip-flops et qu’à la fin de la journée, il faudra m’amputer d’un ou deux d’entre eux comme un alpiniste qui aurait escaladé l’Everest.

*

Sur les murs du mall géant de South Coast Plaza, cette citation de Coco Chanel, dont la traduction anglaise alambiquée est sans doute destinée à interpeller les Américaines Platinum du comté d’Orange, qui naviguent ici entre deux âges au rythme des oscillations de leur carte de crédit entre Gucci et Hermès (prononcez « Eurmé »).

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29 septembre 2007

22 juillet : Noooorman !

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Qui a déjà essayé de raconter un film d’Hitchcock sait que dans cette entreprise les mots se défilent. Plutôt qu’une histoire, souvent tellement mince en vérité qu’il peine à se la rappeler - La mort aux trousses, c'est l'histoire d'un homme qui... court ? -, sa mémoire régurgite une collection d’images, de lieux, d’objets brillant isolément dans la pénombre de l'oubli, comme autant de moments d’angoisse et de tension, de prescience de l’événement qui se trame. Le paquet piégé de Sabotage, le verre de lait de Soupçons, la spirale de l’escalier de Vertigo, le sac à main de Marnie, la maison de Psychose...

Fétichisme tellement puissant que même au milieu d’un groupe de touristes ébaubis, même sans la nuit, la brume et la pluie, écrin des scènes les plus inquiétantes de Psychose, on ne peut retenir un frisson au pied de la maison de Norman Bates et l’on guette aux fenêtres l'apparition effrayante de la silhouette de sa mère.

23 septembre 2007

21 juillet : Le Minou de chocolat

medium_axelrod.jpgDe retour à Fountain Valley, je mets à profit l’oisiveté du week-end pour achever la lecture de Borges’ Travel, Hemingway’s Garage, livre d’un certain Mark Axelrod acheté à San Francisco dans l’ancien quartier hippie d’Haight-Ashbury. Le titre, la jaquette et le résumé de la quatrième de couverture laissaient présager que l’auteur s’attacherait réellement à raconter comment un café de Copenhague en était arrivé à prendre pour nom celui de l’auteur Karen Blixen ou bien une agence de voyages de Tustin (Californie) à s’appeler « Borges’ Travel », et qu’il en résulterait un effet assez charmant, lié à la trivialité de lieux comme la cafétéria Virginia Woolf ou de certains produits de consommation courante (les choco Leibniz, les patates Van Gogh).

En fait, tous ces lieux et ces produits n’étaient que prétextes à fiction sur la vie d’un auteur : comment Casanova en exil a fini ses jours en patron d’un restaurant à Carmel en Californie. Comment les problèmes d’argent de Karen Blixen l’amenèrent à ouvrir ce café de Copenhague, etc. On se lasse rapidement de ces historiettes, tant l’auteur tend à s’y répéter sur le fond comme sur la forme.

L’une d’entre elles retient néanmoins un peu plus l’attention que les autres, celle du café « Chez Colette » d’Edina dans le Minnesota. Où l’on apprend que Colette et Missy, au printemps 1908, allèrent visiter une cousine de Missy nommée Gigi Gouine à Minneapolis – Saint Paul, où cette dernière était responsable d’une communauté lesbienne. « Socio-sexuellement, les choses ne pouvaient aller mieux pour elles trois, nous dit l’auteur, à l’exception d’une chose qui semblait manquer à leurs vies : la nourriture, et singulièrement la nourriture française. » Pour y remédier, le trio décida d’ouvrir un restaurant, ce qui fut chose faite le 28 janvier 1911. Le restaurant existe encore, assure l’auteur, et il est réputé  pour son dessert, le « Minou de chocolat » (en français dans le texte) : «  a mixture of chocolate bits, warmed Merlot and frothy cream ». Il est certain que si un jour j’ouvre un restaurant, comme l’idée idiote m’en passe parfois par la tête sans doute pour faire honneur à mes origines, le Minou de chocolat sera en bonne place sur la carte.

22 septembre 2007

20 juillet : Enough Buffet !

medium_stratos.JPGAlangui dans un transat au bord de la piscine sur le toit du Stratosphere Tower, je regarde tituber les touristes anglais, déjà - ou encore - ivres à 10 h du matin. Les hauts parleurs qui nous cernent crachent une musique trop forte qui m'empêche de lire comme de m'assoupir. Tout est trop ici : trop fort, trop grand, trop sucré, trop gras, etc.

*

Avant de reprendre l’avion pour Los Angeles, nous tournons désespérément dans le hall de l’hôtel à la recherche d’un déjeuner qui nous inspire autre chose que le dégoût. Nous nous attablons finalement dans un snack pseudo mexicain et commandons le plat qui nous semble prêter le moins possible à une débauche de sauce et d’huile, une omelette. medium_miam.JPGUn trio sympathique de Texans obèses engage alors la conversation avec nous, s’enquérant de nos origines et de la durée de notre séjour. Tout en parlant, ils avalent avec une rapidité surprenante un monstrueux burrito en éruption débourrant une lave orange de fromage fondu. Ils nous confient que sur le départ eux aussi, ils souhaitaient manger plus léger qu’aux repas précédents. Depuis le début de la semaine, midi et soir, ils avaient systématiquement choisi les formules « Buffet à volonté » de l’hôtel, mais trop c’est trop, cette fois, ils n’en pouvaient plus : « Enough Buffet ! »

11:50 Publié dans California Rolls | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Las Vegas

16 septembre 2007

19 juillet : Sin City

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Dans le bus réfrigéré qui nous transfère d’un casino l’autre le long du strip, un homme lit la bible en face de nous. Peut-être pour conjurer l’influence de Sin City, la « ville du péché » (surnom de Vegas valant publicité) ? Non, je me rends compte rapidement que sa lecture provoque l’hilarité chez cet homme. Sans doute n’en revient-il pas de ce qu’il lit.

 

 

medium_hotbabesvegas.JPGLe péché est à l’évidence une notion subjective. Casinos, boutiques, bars, shows « érotiques » féminins et mêmes masculins : je ne vois décidément rien à Vegas qui me donne envie de pécher.

20:15 Publié dans California Rolls | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Las Vegas

14 septembre 2007

Epaves malthusiennes

medium_Santabarbara.JPG« Quelques mois avant le début de la Seconde guerre mondiale, Aldous Huxley et Thomas Mann arpentaient une plage du Sud de la baie de Santa Monica, jouissant d’une "solitude miraculeuse" et plongés dans une discussion sur Shakespeare, quand ils réalisèrent soudain que, "aussi loin qu’ils pouvaient porter leur regard, le sable était recouvert de formes blanchâtres qui ressemblaient à des chenilles mortes". En fait de "chenilles", il s’agissait d’"épaves malthusiennes", "dix millions de préservatifs usagés", selon l’estimation de Huxley, rapportés par la houle après avoir été évacués par le principal déversoir des égouts de la ville à Hyperion Beach. Huxley ne nous dit pas comment son célèbre compagnon réagit à cette étrange vision, mais il rapporte le spectacle offert par la même plage quinze ans plus tard : "Le sable est propre […], les enfants y creusent des trous, les corps huilés des baigneurs brunissent lentement […], etc." Cet "heureux dénouement" était "l’œuvre de l’une de ces merveilles de la technologie moderne, la station d’épuration Hyperion".

[…] Presque fatalement, ce symbole de la capacité infinie de Los Angeles à manipuler la nature au nom du développement allait devenir à la fin des années quatre-vingt l’incarnation maléfique de la crise écologique de la ville.

A la fin du mois de mai 1987, cette "merveille de la technologie moderne" recracha  des millions de litres de déchets innommables dans la baie de Santa Monica, avec pour principales victimes le sable de ses plages et l’humeur de ses riverains. C’était là la première occurrence d’une série tragi-comique de désastres écologiques […] Face aux calamités qui succédèrent à cette marée de merde, inondations, sécheresse, contaminations toxiques, smog, risques sismiques et problème des déchets solides, on commença à se demander en haut lieu si, derrière les guerres que se livraient promoteurs et propriétaires, ce n’était pas toute l’infrastructure de la ville qui était en train de s’effondrer. »

Mike Davis, City of Quartz

11 septembre 2007

18 juillet : Sweet dreams

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Dans le hall géant du Stratosphere Tower, notre hôtel à Las Vegas, Eurythmics psalmodie en boucle « Sweet dreams are made of this ». Vegas a certes tout d'un rêve mais la douceur y est absente. Il suffit de franchir le pas de la porte de l'hôtel-casino, monde à lui seul, pour s'en rendre compte : l’air en fusion saute au visage. A peine une journée depuis que nous sommes arrivés et j'ai l'impression d'avoir épuisé tous les charmes de cet univers totalement artificiel et vain, sans jamais y avoir été sensible plus qu'un instant, ce que j'espérais pourtant, sans doute de mauvaise foi.

 

Hier soir, nos bagages à peine déposés dans la chambre, j’ai traîné K. dehors pour aller manger dans un endroit que j’avais relevé dans notre guide. Malgré la chaleur suffocante, j’ai insisté pour parcourir à pied le strip, la principale artère de Vegas. Calvaire sans intérêt puisque pour pouvoir déguster notre sandwich au milieu d’une salle déserte dans un mall sur le point de fermer, nous avons dû traverser un paysage cauchemardesque de parkings, de terrains vagues, de motels défraichis et de chantiers où béton et tiges d'aciers sont lancés vers le ciel sous l'aîle des grues. medium_strip.2.JPGLes hôtels-casinos sont en effet en perpétuel agrandissement, quand ils ne sont pas purement et simplement rasés pour laisser place à des constructions encore plus délirantes. Rien ne semble ici destiné à durer vraiment, quelle que soit la démesure de l’édifice, la qualité et la longévité des matériaux employés pour les construire. Comme en témoigne la fermeture la veille de notre arrivée du Frontier, l’un des plus vieux hôtels-casinos de Vegas - ouvert depuis 1942, indique un panneau géant. Déjà, les camions défilaient devant sa porte, emportant machines à sous et mobilier, fourmis dépeçant la grande carcasse toute en néons et vitres fumées. L’hôtel Aladdin, pourtant signalé dans notre guide publié en 2007 comme l’un des lieux incontournables de Vegas, est quant à lui resté inexplicablement introuvable. Sans doute a-t-il à nouveau été rasé, comme en 2000, pour renaître en plus grand et en plus fou d’ici quelques mois.

 

medium_Luxor.2.JPGCe qu’il y a de plus intéressant dans ces monstres éphémères, c’est bien entendu leur tendance presque systématique à pasticher un univers ou une époque : les histoires de pirates avec les impressionnants trois-mâts se déplaçant dans le bassin devant le Treasure Island, la Rome antique avec les colonnades, les péristyles et les temples du Ceasar’s Palace, L’Egypte des pharaons avec la pyramide de verre noir du Luxor, Paris, son Louvre et sa tour eiffel au Paris Vegas… Le plus saisissant reste sans doute le Venetian qui à l’extérieur présente un concentré des monuments de la cité des doges – Pont des Soupirs, Campanile, Palais des Doges… - et à l’intérieur imite le dédale de ses rues, prétexte à aligner boutiques et brasseries. medium_venetian.2.JPGJamais on ne se croît à Venise bien sûr, tout est ici trop carton pâte,  ambiance fraise Tagada, et l’eau des canaux trop bleu piscine, même si les gondoliers chantent en italien (avec un micro). Mais le ciel peint avec quelques nuages sur le plafond au dessus des façades des maisons en arrive à certains moments à faire oublier que l’on est à l’intérieur d’un gigantesque trompe-l’œil climatisé. A tel point qu'à la sortie, le vent brûlant du désert est presque toujours une surprise.

Je n’arrive pas à décider si ce goût pour le pastiche architectural, hyperbolique à Las Vegas mais tout aussi présent en Californie, est un moyen pour les Américains de s’acheter un passé plaisant sans vilaines aspérités ou bien une forme de pied de nez à cette culture européenne qui leur donne souvent tellement de complexes. Difficile de ne pas s’interroger sur les intentions de l’architecte quand on tombe nez à nez, comme cela m’est arrivé à San Francisco, avec un immense (forcément immense) building aux arêtes gothiques doté d’un porche d’église romane avec tous ses saints abritant… une banque.medium_sfgothic.JPG

Ou bien ceux qui ont construit ces répliques disproportionnées avaient-ils en tête l’espoir de laisser des ruines respectables à quelques siècles ou millénaires de distance. Que restera-t-il des gigantesques malls à thème (missionnaire hispanique, mauresque, méditerranéen…) de la périphérie de Los Angeles ? Qu’est-ce qui survivra de Las Vegas quand la pénurie d’eau et d’hydrocarbures aura imposé de rendre au désert cette ville absurde ? Combien de temps les néons, les stucs, les cascades et les forêts tropicales résisteront-ils au soleil et aux pillards ? Les restes du Ceasar’s Palace ressembleront-ils à ceux du Foro romano ? Ou bien les colonnes laisseront-elles apparaître leur structure métallique sous le mauvais ciment ? J’espère que ce qui fera la joie des futurs archéologues seront les sols incroyables qui pavent ces endroits : marbres multicolores, mosaïques raffinées, puzzles de pierre, voilà bien les seuls éléments de ces décors qui ne sont pas tout à fait factices.

*

Le plus surprenant à Vegas, c’est que l’on arrive parfois à manger bien. Comme hier soir sur une place de « Venise » où j’ai mangé la meilleure pizza depuis des mois, fine et crispy, accompagnée d’une salade de roquette parfaitement assaisonnée (et non comme d’habitude, noyée sous une abondante mélasse sucrée) servis par un impeccable Italien d’une cinquantaine d’années, parlant mal l’anglais. De quoi ajouter dans mon esprit à la confusion créée par le décor.

*

Le souci américain de la perfection a abouti à restituer son nez au sphinx qui monte la garde devant le Luxor. Ce nez ressemble-t-il à l’authentique ou a-t-il plus à voir avec ceux que remodèlent à longueur d’année les chirurgiens californiens ?

06 septembre 2007

15 juillet : Un fantasme

medium_Financial_district.2.JPGChaque soirée de cette semaine passée à San Francisco nous cueillait fourbus mais ravis d’avoir au fil d’une longue journée pu découvrir un ou deux quartiers supplémentaires. Union Square, Financial District, North Beach, Fisherman’s Wharf, Pacific Heights, Golden Gate Park, Haight-Ashbury, Civic Center, Mission District, Castro… Pas un de ces petits carrés striés d'orange sur la carte que nous n'ayons méthodiquement arpenté à pied, en nous aidant occasionnellement du bus.

Je crois que la marche reste le seul moyen pour moi de m’approprier une ville, comme on assemble patiemment pièce après pièce un puzzle de béton, de métal et de bois. D’où sans doute les sentiments contrariés, entre répulsion et fascination, que m’inspire la monstrueuse et clinquante Los Angeles, où les distances entre les quartiers sont définitivement trop grandes pour les parcourir à pied et où il est extravagant de se reposer sur les transports en commun – sauf à être totalement masochiste et à accepter de passer quatre heures dans un bus simplement pour traverser le centre de la ville. Là-bas, l’espace est éclaté, le mouvement motorisé une illusion grisante, qui recomposent constamment et repoussent hors champ toute idée de ville : L.A. ne se donne à vous que pour mieux vous résister l’instant d’après, et vous échappe toujours.

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San Francisco n’a pas cette afféterie, elle se laisse envisager sans faire de mystère. Et j’aurais presque envie de dire, à l’instar de Carrie (mais un ton en dessous) : « I loved, loved, loved, loved that city » : medium_chinatown.2.JPGles manoirs victoriens irréels des quartiers chics, les gratte-ciels égarés dans la brume de Financial District, les pagodes aux tuiles vertes vernies de Chinatown, la déglingue des vieux cinémas Art Déco désaffectés de Mission District, le quartier latino, et bien sûr la multitude des maisons en bois aux couleurs de cartes postales qui s’étalent et s’étagent dans pratiquement toutes les rues dès qu’on sort du centre-ville à proprement parler.medium_maisonsSF.3.JPG

Il n’y a guère que Tender Loin pour embarrasser la vue : les camés y hantent chaque rue, armée de zombies toute droit sortie d’un film de George Romero. La misère extrême dégueule son alcool frelaté jusqu’au pied des grands hôtels et des galeries d’art d'Union Square. Revers de la prospérité américaine que l’on aurait pu finir par oublier presque, à force de fréquenter les malls de luxe et les restaurants d’Orange County, où l’entre-soi préserve de l’inattendu.

Peut-être précisément parce que San Francisco conserve un véritable espace public qui semble faire défaut là où s’étend l’ombre de Los Angeles, et donc qu’elle met en présence des individus qui ailleurs jamais ne se croisent, je me sentirais capable d’y vivre. Est-il nécessaire d’ajouter qu’au contact prolongé de cette ville a pris corps dans mon esprit le fantasme d’une année sabbatique passée ici à écrire ?

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05 septembre 2007

Indéfiniment et jamais plus

medium_kis.2.jpg« Le récit éponyme d’Encyclopédie des morts, recueil de nouvelles de [Danilo] Kis, évoque une bibliothèque à la Borges dont les volumes relatent la vie des morts qui n’ont pas été célébrés, qui ne figurent "dans aucune autre encyclopédie". En outre, chacun de ses ouvrages parle de son sujet dans les termes mêmes qu’aurait choisis la personne en question : il énumère les auteurs préférés de celle-ci, les spectacles de cirque auxquels elle a assisté, indique le jour où elle a fumé sa première cigarette, mentionne les chaussures pointues achetées avec l’argent que son père lui a donné pour avoir obtenu son diplôme. Tout est là. "Rien ne se répète jamais dans l’histoire des hommes, tout ce qui paraît à première vue identique est à peine semblable ; chaque homme est en lui-même un astre à part, tout se passe toujours et jamais, tout se répète indéfiniment et jamais plus (1)". »

Edmund White, La bibliothèque qui brûle

(1) Encyclopédie des morts, Gallimard, 1985, trad. Pascale Delpech.

Tout vieillard qui meurt

« En Afrique, tout vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle. »

Amadou Hampaté Bâ

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Illustration : Bibliothèque de Holland House, Londres, 22 octobre 1940. Pour une lecture stimulante de cette photo, voir le blog de Dominique Autié.
 
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